Renforcement musculaire : de la reprise de la fonction vers la rééducation du mouvement.

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De notre état musculaire général va dépendre notre faculté à être autonome dans la vie de tous les jours ; loisirs, travail, tâches ménagères … notre quotidien nécessite de pouvoir porter, tirer, soulever,… sans se blesser.

Parce que “le mouvement, c'est la Vie” et que nos muscles nous permettent de bouger, nous devons tous être sensibles au bon maintien de leur fonction.

Il existe plusieurs méthodes de travail musculaire : en chaîne cinétique ouverte, fermée, en dynamique (concentrique ou excentrique) ou en statique (isométrique). Les indications et les conditions d'applications de chacune de ses méthodes sont différentes et bien souvent complémentaires.

Nous nous intéresserons dans cet article à la méthode fonctionnelle ou functional training, ses applications, ses bénéfices et les outils pour la mettre en oeuvre efficacement. Parce qu'au delà de la fonction musculaire se trouve la finalité : le mouvement.

 

Travail analytique vs travail fonctionnel.

Le renforcement analytique est un travail “en décomposition”. Il s'intéresse à chaque muscle séparément. Ce type de travail isolé a son intérêt : dans le traitement d'un cas clinique, il permet la récupération de la fonction musculaire, souvent suite à une immobilisation. Le renforcement analytique est celui qui est le plus souvent produit par les utilisateurs “d'appareils de musculation” des salles de fitness. Il est en effet assez efficace pour travailler les muscles superficiels et accroitre leur galbe.

Le « curl » : un classique du travail en analytique des biceps

 

Peut-on penser que ce type d'exercice puisse renforcer efficacement tout un groupe musculaire alors que les fibres des différents muscles vont dans un sens complètement différent sur un même mouvement selon qu'il s'agit des muscles dorsaux, pectoraux, brachiaux,… ?

Le renforcement fonctionnel vient combler ce manque : il repose sur l'implication d'une ou plusieurs chaines musculaires et sollicite les muscles profonds. C'est un travail dynamique qui prend en compte la phase excentrique et qui se compose le plus souvent de mouvement plus puissants sur une période très courte.

Les muscles profonds sont indispensables au bon équilibre et au maintien de la structure osseuse. La force excentrique est d'une grande utilité dans la prévention des blessures. C'est cette force qui est utilisée dans la phase de décélération de la course, par exemple chez un footballeur qui ralentit sa course pour “protéger son ballon”.

Le travail fonctionnel permet un développement de la force globale supérieure et de gagner efficacement en coordination dans la production d'un mouvement.

Il a aussi pour avantage :

  • d'optimiser la dépense énergétique.
  • de travailler sur le cardio.
  • de rééquilibrer les structures musculaires superficielles et profondes.
  • de restructurer les fonctions musculaires en local comme en global.

 

 

Le travail fonctionnel, quand et pour qui ?

Alors que le travail en analytique permet de travailler spécifiquement sur un muscle, le travail fonctionnel augmente le potentiel d'un corps sain.

Chez les sportifs : il offre la possibilité de travailler un geste spécifique en développant un maximum de puissance.

Chez les seniors : il est primordial afin d'améliorer la confiance en soi dans les déplacements du quotidien.

Chez les actifs : il donne du sens au renforcement musculaire. Les mouvements des exercices réalisés peuvent être adaptés à la sollicitation spécifique du ou des gestes effectués dans l'activité professionnelle. Il joue un rôle prépondérant dans la prévention des troubles musculo-squeletiques.

Chez les blessés médullaires : Le renforcement de toutes les chaines musculaires “supérieures” permet une autonomie la plus large possible. Apprendre à tirer, pousser, se soulever en recrutant le maximum de muscles est indispensable pour gérer au mieux les phases de transfert et les mouvements de propulsion sans se blesser.

 

Quels outils pour travailler en fonctionnel ?

Le travail en fonctionnel se veut avant tout ludique.

Pour commencer, il ne nécessite que très peu de matériel : des bandes élastiques, gym ball, bosu, kettlebell, sangles TRX,…et peut même se faire au poids du corps ou en utilisant les objets du quotidien : un banc, un tronc d'arbre, une barrière,…

 

Issu de l’entraînement de l’armée américaine, le TRX envahit nos salles de sport. Du travail fonctionnel … en suspension.

 

Des outils innovants pour un travail fonctionnel toujours plus efficace :

De plus en plus plébiscité pour son efficacité et son côté ludique, le renforcement fonctionnel prend aujourd'hui une autre dimension avec l'apparition de stations de travail spécifiques permettant une variété d'exercices quasi infinie.

Pour le coach, le thérapeute, l'utilisateur, il n'y a désormais qu'un seule limite : la capacité à inventer chaque jour de nouveaux exercices.

Fonctionnel et excentrique : le concept iso-inertiel.

Apparu il y a quelques années dans le monde du sport de haut-niveau puis dans les cabinets de kinésithérapeutes, le renforcement iso-intertiel est un technique à part entière.

Elle permet un travail fonctionnel efficace, notamment sur la phase excentrique du mouvement. Son fonctionnement repose sur le fait qu'il n'y ait pas de charge mais un volant d'inertie qui va reproduire la puissance développée lors de la phase concentrique vers la phase excentrique.

Une méta-analyse de 9 études récentes met en évidence ce type de travail par rapport aux appareils “classiques”.

Parmi les avantages majeurs de la méthode iso-inertielle, nous pouvons citer :

  • l'accélération et l'amélioration de la rééducation du patient, du sportif
  • un travail en toute sécurité et adaptable à chacun
  • un travail global puisque totalement dynamique
  • un feedback en temps rééel pour avoir un retour sur la puissance, la force et les éventuels déséquilibres pour une action corrective immédiate.

Bien que le travail en analytique présente une utilité dans certains cas, la méthode fonctionnelle apparait bien plus globale. Elle permet d’augmenter la force développée dans le geste, qu’il soit sportif ou utile à la vie quotidienne.